Quand on taquine l’idée d’avoir un enfant, ou quand on en attend un, on commence vite à penser à tout ce que ce petit bout va changer dans nos vies, ce qu’on va changer pour qu’il soit bien, en sécurité et heureux. Mais est-ce que ces questions suffisent ? est-ce vraiment les bonnes questions pour y voir clair ?
Si vous avez le malheur de parler autour de votre projet de grossesse, tout le monde va aller de son commentaire, de sa dernière lecture, des dernières “vérités de l’éducation” : “il faut allaiter”, “oh mon dieu comment allez-vous vous occuper d’un enfant alors que vous n’avez pas encore de travail fixe !” , “Comment ça t’as pas arrêté de fumer !” et j’en passe.
C’est dur de ne pas culpabiliser ou de se sentir perdue face aux différentes modes ( comme comment coucher bébé… les avis changent régulièrement). Et quand l’enfant est là et grandit, on espère faire pour le mieux.
Je me rappelle bien des baby-sittings dans des familles qui ne voulaient pas de fessées ou de punition mais ne semblaient pas si choquées de voir leur enfant de 5ans donner des coups de pieds dans les tibias d’adultes quand ils ne voulaient pas obéir.
C’est difficile d’entendre les critiques ou les inquiétudes des autres sur votre méthode d’éducation. C’est difficile de “voir” réellement son enfant, comme il est : vous l’aimez totalement. Même quand il vous épuise.
Une amie passe bien des caprices à son fils de 10ans, oubliant toute logique financière. Elle place ses intérêts à lui avant les siens. Elle ne veut pas qu’il soit malheureux. Elle veut qu’il ne manque de rien. C’est humain. Mais ça fait un enfant difficile, qui pense que tout lui est dû, et n’a pas vraiment conscience de la valeur du travail. Il n’est pas méchant, il a juste un regard biaisé sur la vie. Il peut faire n’importe quelle bêtise, même relativement grave, les sanctions ne sont pas tenus et les cadeaux n’arrêtent pas de pleuvoir. Comment comprendre la notion de conséquences de ses actes dans ces conditions ?
Une autre ne force pas son enfant à faire la bise (je peux comprendre, les pincées de joues ont traumatisé nombres d’enfants, oh souvenirs…) mais ne le force pas non plus à dire bonjour. Elle le “traite comme une personne, avec son libre-arbitre. S’il ne veut pas, elle ne le force pas”.
Ce ne sont que deux rapides exemples… dernièrement, il me semble en voir de plus en plus, et cela m’a fait beaucoup réfléchir.
Est-ce qu’il ne faudrait pas penser à quel genre d’adultes on aimerait voir notre enfant ressembler ? Si on décale de quelques dizaines d’années ces comportements, quel genre d’adultes voit-on ? Est-ce une personne que l’on voudra revoir, ou va-t-on le traiter de noms d’oiseaux parce qu’on l’aura trouvé audieux ?
Imaginez une soirée où on vous présente quelqu’un qui ne vous réponds pas et vous ignore, ou vous rit au nez et vous snobe. Est-ce que cela vous donne envie de connaitre d’avantage ? j’en doute.
Si votre voisin, agé de 30 et quelques années vit toujours chez sa mère, lui parle mal, ne cherche pas vraiment à travailler (pourquoi faire, on est si bien chez Maman – elle qui n’ose toujours pas vous refuser quoique que ce soit, même si une petite voix lui dit que tout cet argent qu’elle lui donne doit passer en drogue, vu les traces qu’elle voit sur ses bras…) parce que après tout c’est normal. Ca a toujours été comme ça. Et il trouve toutes les excuses pour expliquer pourquoi le monde est si mauvais et l’empêche d’être heureux.
Pour ma part, j’aimerais que mon enfant se sente bien dans sa peau, confiant et ouvert, travailleur et généreux, sensible à autrui, à l’écoute, honnête, aimant partager des moments simples. Bref : le type de personne que je suis contente de rencontrer aujourd’hui et d’avoir en ami.
Je le veux libre : libre de faire le travail qu’il veut, d’avoir des amis, de voyager. Pour cela, il me semble qu’il faut pouvoir comprendre les règles de la vie en société pour s’y adapter. Il y a toujours des règles, partout. Apprendre cela de bonne heure à un enfant me parait la meilleure façon d’éviter bien des drames. Jouer en connaissant bien les règles du jeu, n’est-ce pas la meilleure façon de gagner ? Ou de les bousculer, mais au moins, en toute connaissance de cause, et des conséquences qui vont avec ce choix.
Je suis curieuse de lire vos réactions et vos avis : n’hésitez pas à laissez un commentaire, la discussion sera intéressante.

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Maman de 3 garçons, je partage ton désir de “voir” à 10 voire 15 ans..
J’ai tendance à être assez stricte avec eux: sur la politesse, le respect de l’autre, de soi, l’amour propre. Savoir écouter l’autre pour chercher à le comprendre, à se comprendre.
On est très proches, surtout avec le plus grand(14 ans)
Cela demande beaucoup de dialogue, de temps, d’écoute.
J’ai la chance de pouvoir le faire: vie à la campagne, environnement peu “sollicitant”
En revanche, portables, pc, net….tv.. Les bornes sont à placer trrrrrès tôt!!!!
Courage, l’amour c’est vouloir le bonheur de son enfant….son bonheur d’adulte. Pas tous ses désirs d’enfant.
Merci pour ton commentaire. C’est formidable d’être aussi proche de ses ados, et de la nature. Cela doit aider. Je crois que tu as très bien résumé ma pensée : “l’amour c’est vouloir le bonheur de son enfant….son bonheur d’adulte. Pas tous ses désirs d’enfant.” Je crois que je vais te citer souvent.
et oui, je pense que même à 2ans ou avant, un enfant apprend beaucoup, il n’est jamais trop tôt pour commencer à expliquer comment les choses fonctionnent.
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